La chemise d’Artagnan

Voilà toute l’histoire, et elle est longue à raconter : un jour que mon homme devait partir, il me demanda d’attendre à la maison son père qui avait prévu de passer en attendant un rendez-vous avec… je ne me souviens plus bien… peut-être un charpentier ou un plombier ou encore un architecte.

Son père arrive. Je l’accueille avec un café et lui montre une de mes dernières fiertés, mon manteau aux couleurs écarlates. Comme à son habitude – tel père tel fils – il regarde attentivement, sans sourciller, sans montrer la moindre once de quoi que ce soit (et par « quoi que ce soit », j’entends bien sûr un doux étonnement). Certainement, c’est à ce moment qu’il me dit : « mais ! Il n’y a pas de boutons » et moi de lui expliquer qu’effectivement, mais je n’ai pas, pour l’heure, de boutons qui me convainquent. Et puis – mais je ne lui dis pas – les boutonnières me font peur. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer.

Puis il me parle du gilet constructivo-futuriste. Il me demande comment je l’ai fait. Je lui réponds que je suis partie d’un gilet que l’homme avait, que ça m’a permis d’avoir les mesures, et qu’ensuite j’ai modifié le patron de base. Alors, sournoisement (mais je ne savais pas encore que ça l’était), il demande : « ça veut dire que vous pouvez reproduire n’importe quoi à partir d’un vêtement existant ». Et moi, toute fière, je réponds : « oui, c’est à peu près ça ».

Que n’avais-je pas dit ! Trois jours après, mon homme me ramenait une chemise ancienne, type Trois Mousquetaires : « tiens ! Mon père voudrait que tu lui refasses la même ». Et là, je comprends la hauteur du désastre : double poignets, double-col, petits plis, liens, boutonnière pleine de bouton : rien ne m’était épargné. Moi qui aime les top minutes, j’étais servie, il fallait que je fasse une chemise à la d’Artagnan.

J’ai tenté de gagner du temps : « dis à ton père que je n’ai pas le bon tissu ». La semaine suivante, on me faisait porter un grand drap blanc, exactement ce qu’il fallait. Je capitulais en planchant sur le patron. On était alors en février et mon beau-père avait précisé : ce n’est pas pressé. Heureusement…

Le projet a avancé doucement. D’autant plus doucement qu’alors qu’il était presque fini… évidemment… j’avais fendu la manche gauche devant, au lieu de la fendre derrière. J’ai dû toute la refaire : petits plis, biais, poignet 1, poignet 2…

Mais voilà : c’est fini ! FINI ! FINI ! FINI ! FINI !

Ouf !

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3 Réponses à “La chemise d’Artagnan”


  1. Lucile 18 mai 2013 à 11:25

    Claaaasse! Alors ça veut dire que… tu peux reproduire n’importe quoi? Parce que, justement, …
    :)
    Gros bisous!

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    • chezlouise 18 mai 2013 à 14:33

      Oui voilà ! Tu te souviens de mon petit haut soyeux avec plein de plis et un gros noeud devant que j’ai passé à la machine et qui est tout déchiré ? Je me le refais. Le seul truc après, c’est de trouver le bon tissu. Et puis ça met vachement plus longtemps que de recopier un patron Burda bien sûr… Gros bisous !

      Répondre

  2. incognito 18 juin 2013 à 17:21

    Une version d’Artagan for a Lady serait à voir.

    Répondre

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